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Le capital immatériel au service du redressement productif

Écrit par Didier DUMONT on . Rubrique: Éditorial

Nous constatons régulièrement que le gouvernement et en particulier le ministre du Redressement Productif, Arnaud MONTEBOURG, intervient pour sauvegarder des emplois menacés par la défaillance d’entreprises, souvent des PME industrielles. Cette politique est relayée par 22 Commissaires au Redressement Productif qui agissent au niveau régional.

Cependant, si l’intention du gouvernement est louable, certaines voix s’élèvent pour critiquer cet interventionnisme, parfois au nom du libéralisme, parfois sous prétexte que toutes les entreprises ne mériteraient pas d’être sauvées. Mais comment avoir un avis objectif et étayé pour dire que telle entreprise peut continuer et pas telle autre ?

> Comprendre pourquoi une entreprise est défaillante
Avant de répondre à cette question, il faut bien comprendre que toute performance est fonction de ce que l’on fait avec ce que l’on a. Ainsi on imagine aisément qu’un skipper à la barre d’un voilier rapide et fiable et qui aura su choisir le meilleur cap, traversera l’Atlantique plus vite que ses concurrents, alors que certains d’entre eux auront pris le même cap et d’autres avaient un bateau similaire.

En clair certains auront pris les bonnes décisions mais disposaient d’un actif moins bon, d’autres avaient la même qualité d’actif mais ils n’auront pas pris les bonnes décisions.

C’est exactement la même chose pour l’entreprise, l’équation de sa performance repose sur ces mêmes variables : qualité de la stratégie, du management et qualité des actifs, dont les immatériels composent la plus grande part.

Il convient donc, en cas de défaillance d’une entreprise, d’analyser si elle est la conséquence de mauvais choix stratégiques, d’un mauvais management ou d’actifs de mauvaise qualité, voire les deux.

On comprend donc qu’une analyse méthodique du capital immatériel de l’entreprise est un outil essentiel pour porter un jugement sur sa capacité à poursuivre son activité.

Si cette mesure révèle un bon niveau du capital immatériel — par exemple, des savoir-faire pointus et protégés, un capital humain compétent et engagé, une bonne réputation de la marque, des clients fidèles — alors on peut raisonnablement envisager que cette entreprise apportera plus de garanties de performance à un repreneur qui saura mettre en place une meilleure stratégie.

À l’inverse, s’il s’agit d’un problème lié au capital immatériel, la méthodologie de Goodwill-management permettra d’identifier si la défaillance est plus liée aux actifs immatériels de demande (clients) qu’aux actifs immatériels d’offre (savoir, hommes, marque, SI..). En clair, est-ce que l’entreprise a été confrontée à une chute de la demande sur son marché ou est-ce la qualité de son offre qui a provoqué une désaffection de ses seuls clients ?

Malgré sa sémantique, la mesure du capital immatériel est bel et bien un outil d’analyse tangible au service du redressement productif de toutes les entreprises, industrielles comprises.

Didier DUMONT,
Secrétaire général Goodwill-management