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Rapport au CESE : « Proposition d’une politique publique en faveur du capital immatériel pour la France »

Écrit par Philippe Collier on . Rubrique: Économie

À l’occasion de la dernière Journée nationale des actifs immatériels (JNAI), Françoise FRISH, Vice-Présidente du Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE), a présenté la démarche et l’intérêt du Conseil pour soutenir une politique publique en faveur de l’immatériel « afin de redonner à la France l’élan perdu. »

En introduction à ce rapport, remis fin octobre 2013, Alan FUSTEC — qui a piloté, pendant 18 mois, un groupe de travail de 13 personnes — estime qu’une grande part des difficultés rencontrées tient au fait que « nous gérons mal nos richesses et nos talents. Mais pour bien mesurer la qualité et la quantité de nos ressources, afin de mieux les exploiter et les développer, il convient d’avoir un référentiel approprié. »

L’intérêt de l’approche par le capital immatériel est qu’elle peut s’appliquer à toutes les formes d’organisation : une entreprise, une administration, un bâtiment, une ville, un territoire…

« Le capital immatériel constitue une grille de lecture systémique de l’économie d’un pays. Il permet de dresser un état des lieux complet dont tous les éléments sont interdépendants et sont pondérés. »

« Nous définissons ici le capital immatériel comme un système : il agrège les composantes principales de l’économie d’un pays du point de vue de la création globale de richesses. Il permet, de ce fait, de procéder à des diagnostics plus pertinents et d’élaborer des plans d’actions plus efficaces. »

Dès lors, en appliquant la grille de lecture immatérielle, le rapport formule 43 recommandations/préconisations grâce auxquelles « la France pourrait retrouver un grand leadership dans le concert des nations qui soit une source de prospérité durable. »

Celles-ci sont regroupées en huit grands chapitres :

  • Instaurer en France un principe général de management par la valeur immatérielle ;
  • Réindustrialiser : comment se servir de l’apport de l’immatériel ? ;
  • Passer à l’économie de l’usage pour devenir une économie mondiale très innovante, exemplaire et robuste ;
  • Redonner toute sa place au capital de savoir ;
  • Rendre notre capital humain plus efficace ;
  • Simplifier notre capital d’organisation et faire de notre secteur public un leader de l’immatériel ;
  • Faire de la marque France une marque leader au niveau mondial ;
  • Faire la distinction entre vraie et fausse création de valeur notamment dans le secteur financier.

Enfin le rapport décrit ce que pourrait être une politique publique en faveur de l’immatériel, décomposée en 10 programmes concrets, avant de conclure sur les retombées économiques que l’on peut attendre d’une telle politique :

  • Produire une nouvelle comptabilité nationale ;
  • Faire passer les entreprises à l’ère de l’immatériel ;
  • Développer l’Économe sociale et solidaire (ESS) en pilotant sa capacité à créer de la richesse ;
  • Engager la révolution de l’économie de fonctionnalités ;
  • Améliorer le fonctionnement de la recherche publique ;
  • Bonifier notre capital humain ;
  • Faire de nos services publics des champions de la performance immatérielle ;
  • Réussir le projet « Marque France » ;
  • Créer en France un courant économique pour la finance responsable ;
  • Créer un secrétariat d’État à l’immatériel.

Certes, estime Alan FUSTEC, « le présent rapport ne saurait être considéré comme un point d’arrivée mais plutôt comme un point de départ. » C’est pourquoi, il devrait être suivi d’une étude plus approfondie.

PhC

 

Télécharger le rapport " Proposition d’une politique publique en faveur du capital immatériel pour la France"